TALOHA
Revue scientifique internationale des civilisations
Précédent   Bas de page   Suivant   Signaler cette page   Version imprimable

numéro 14-15 > Etudes et Recherches

Article

Contribution à l'étude zooarchéologique de la région du Sud-ouest et extrême Sud de Madagascar sur la base des collections de l’ICMAA de l’Université d'Antananarivo


Lucien M.A. Rakotozafy, Maître de conférences à l’ICMAA depuis 2005, rlucienma@yahoo.fr.
Steven M. Goodman, Field Museum of Natural History, Chicago, Etats-Unis, SGoodman@wwf.mg.

Date de mise en ligne : 29 septembre 2005

Résumé

L’étude zooarchéologique dans quelques sites du 9e au 17e siècle dans la région du sud-ouest et extrême sud de Madagascar présente divers intérêts biologiques et environnementaux.

Des restes d’animaux en particulier des spécimens subfossiles sont collectés par différentes équipes en coopération avec l’Institut de Civilisations-Musée d’Art et d’Archéologie entre les années 1962 et 1996.

Retrouvés dans différentes localités, ces restes d’animaux mettent en évidence l’existence de quelques espèces animales ayant vécu ou non avec l’homme. Trois types de sites, accumulation naturelle, habitation humaine et sites mixtes, nous intéressent ; cette méthode traduit des relations et interrelations entre les animaux concernés et leur environnement, ou celles des animaux entre eux.

L’étude confirme la coexistence avec l’homme des espèces disparues de grande taille, entre autres les hippopotames nains qui ont vécu depuis l’holocène jusqu’au 9e-19e siècle et dont la dernière trace se trouve dans cette région de Madagascar.

En outre, les espèces introduites comme les poules (Gallus gallus) et les dindes (Meleagris gallopavo) présentent une nouvelle répartition biogéographique dans cette région par rapport aux dernières données relatives aux autres découvertes dans d’autres régions de Madagascar.

Quelques espèces sauvages endémiques et introduites rencontrées dans ces sites d’étude existent encore actuellement. Cependant, d’autres généralement de grande taille ont disparu, comme les hippopotames nains malgaches. La cause exacte de cette disparition n’est pas déterminée mais il est probable que l’activité anthropique y a contribué, du moins indirectement jusqu’au changement de l’environnement à Madagascar.


Table des matières

Texte intégral

Madagascar est non seulement riche en Biodiversité mais aussi en diversité de la population dont la culture est reliée à son environnement. Des traditions orales et écrites, confirmées par des données paléontologiques et archéologiques, ont permis de retracer l'histoire naturelle à Madagascar. La disparition de quelques espèces animales résulte particulièrement des actions anthropiques et naturelles. Toutefois, déterminer d'une manière exacte le premier responsable de cette disparition, les facteurs naturels ou les activités anthropiques, reste toujours un sujet de discussion.

Le changement de l'environnement à Madagascar est un problème majeur à l'heure actuelle. Ce changement, facteur d'extinction présumé de quelques animaux de l'Holocène, fait suite à une aridification du climat (Mahé et Sourdat 1972 ; Burney 1997). Simultanément, du moins dans la région du Sud-ouest et de l'extrême sud de Madagascar, l'assèchement des zones humides a rendu impossible la vie de plusieurs espèces d'oiseaux aquatiques (Goodman et Rakotozafy 1997). Dès l'installation de l'homme au cours des derniers millénaires, l'action anthropique s'est faite sentir sur la faune et la flore. Des preuves mettent en évidence la coexistence de l'homme et de quelques espèces d'animaux disparus (Battistini 1965 ; Simmons et al. 1995) : d'abord des restes archéologiques associés à des restes ossifiés et des traces d'outil laissées sur des ossements ou des dents d'animaux subfossiles (MacPhee et Raholimavo 1988 ; MacPhee et Burney 1991). Comme Mahé et Sourdat (1972) l'ont suggéré, l'utilisation de quelques espèces actuellement subfossiles dans la nourriture humaine est probable, ce qui a été démontré pour l'hippopotame nain (MacPhee et Burney 1991).

Pendant cette période, le rôle que l'homme a joué dans l'extinction de la mégafaune à Madagascar n'est pas clair du fait de l'insuffisance de données entre la période de la première colonisation de l'île vers 2000 BP (MacPhee et Burney 1991) et la crise écologique actuelle. Toujours dans ce sens, dans le présent travail, nous allons essayer de donner une séquence récente de l'aspect de l'interaction entre l'homme et la nature qui aurait pu conduire Madagascar dans le contexte actuel de son habitat naturel. Ce travail consiste à identifier et à classer les restes d'animaux récoltés dans les sites archéologiques et paléontologiques du Sud-ouest et de l'extrême sud de Madagascar et collectionnés au Laboratoire du Musée d'Art et d'Archéologie de l'Université d'Antananarivo.

Image1

Les spécimens étudiés viennent de différents types de sites, environ 56 localités regroupant une centaine de sites. Les travaux de fouilles ont été menés soit uniquement par l'équipe du Musée d'Art et d'Archéologie, soit en collaboration avec d’autres chercheurs d’Universités étrangères. Les collectes ont été entreprises de 1962 à 1996.

Ces spécimens ont été catalogués au Musée après notre propre détermination systématique. Les déterminations étaient basées sur des comparaisons morphologiques et/ou ostéométriques suivant des points ostéométriques bien définis selon la méthode de Von den Driesch (1976). L'analyse qualitative des espèces est suivie d'une quantification numérique suivant le Nombre d'Individus Minimal (NIM), conformément à la méthode de Klein et Krüz-Uribe (1984).

Dans cette étude, la stratigraphie est pratiquement laissée de côté du fait que d'une part, les collectes des spécimens étudiés ont été généralement faites en surface, et d'autre part, quelques spécimens ne présentent aucune information sur leur position stratigraphique. Les sites concernés sont de différents types suivant la classification en 1967 de Battistini et Vérin (Dewar 1984) : - accumulation naturelle, - habitation humaine et - site mixte. Il n'y a eu que des subfossiles dans les sites naturels étudiés, des spécimens partiellement minéralisés [à l'encontre des fossiles qui sont entièrement minéralisés]. Pour les sites archéologiques, les couches ne renferment que des restes d'activités humaines. Dans les sites mixtes, deux groupes de couches dont l'une sous-jacente, avec des dépôts naturels, et une autre surplombante avec des restes archéologiques se superposent dans l'espace et dans le temps.

Les coordonnées Laborde X et Y présentées dans ce travail sont celles utilisées par l'équipe de travail de terrain alors que les coordonnées méridionales (latitude et longitude) mentionnées sont celles données par d'autres auteurs ou directement relevées (entre crochets) sur les cartes du Foibe Taosaritanin’i Madagasikara (Institut Géographique National) au 1/100.000. Notons que nous n'avons pas pu avoir des datations toutes calibrées. Les numéros de laboratoire sur les datations radiocarbones ne sont pas tous obtenus.

Ambanitry : se trouvant dans la région nord-est de Betioky. Une collecte de surface a été faite dans un site du type naturel (Ramilisonina, comm. pers.) en 1970 par l'équipe de C. Chanudet et Ramilisonina.

Amboaboaka : (approximativement 23°07'S et 43°36'E) se trouvant dans une propriété privée ayant appartenu à Monsieur Taratoni. Ce site, situé le long de la route Toliara-Manombo au PK 27-28, est un site littoral reconnu en 1970 par P. Vérin et R. Battistini. Selon Battistini (1971), il est du type marécageux où les ossements sont enfouis sous une couche argilo-sableuse d'origine éolienne, de 50 cm à 1 m d'épaisseur.

Itampolo : [24°41'S et 43°57'E] situé à 1340 m du village d'Itampolo, localisé sur la côte sud-ouest de l'île, à 200 km au Sud de Toliara. Le site est une dépression d'environ 58 x 36 m2. Dans ce site d'origine naturelle, deux datations absolues au 14C ont été établies, l'une à partir d'un os d’hippopotame qui a donné une date de 980 ± 200 BP (Gak-1506) (Battistini 1965) et l'autre à partir d'un bois retrouvé au fond de la dépression qui a donné une date de 2290 ± 90 BP (Gak-1652) (Chanudet 1975). Une collecte de surface a été faite en 1976 par l'équipe de R. E. Dewar. Une autre collecte a été réalisée en août 1996 et une autre a été réalisée du 29 juin 1997 au 12 juillet 1997 par l'équipe de Ramilisonina dont des études sont en cours. Ces collectes ne concernent pas les couches de niveau inférieur.

Ambohibola : [43°44'S, 23°18'E] (X : 123,40, Y : 309,9).se trouvant à environ 7 km au Nord-est de Toliara dans la localité de Miary. Les travaux de collecte menés par l'équipe de J. P. Domenichini dans ce site ont été réalisés en surface, juste à côté du tombeau royal Masikoro (Ramilisonina, comm. pers.) durant la journée du 30 juillet 1976.

Androka : [25°03'S, 44°11'E], se trouvant sur la côte sud sud-ouest. Il a été prospecté par l'équipe du Musée d'Art et d'Archéologie composée de P. Vérin, R. Battistini et Ramilisonina en 1965-1966.

Asambalahy : [22°07'S, 44°34'E], (X: 207,900, Y: 443,00) (Radimilahy et al. 1991); localisé à l'est d'Ankazoabo-Sud près d'Ampoza, correspond à d'anciens habitats humains qui paraissent avoir prospéré au 14e et au 16e siècle A.D. (Vérin 1971a). Asambalahy est un site archéologique du fait qu'il ne présente que quelques restes de bovidés (Vérin 1971a). Selon Chanudet (1975), le site d'Asambalahy se trouve sur une colline aux sources de la rivière Ampoza, à 3 km au Nord de ce village. Les travaux de fouilles ont été faits par P. Vérin et Ramilisonina en 1971.

Fiherenana : un site tout près d'Ambohibola (toujours aux environs du Tombeau royal, cf. Ambohibola), se trouvant près de la rivière Fiherenana (Ramilisonina, comm. pers.). La collecte a été faite en 1970.

Mangitraky : [22°08'S, 44°31'E] (rivière de Mangitraky) près de Tandrano où l'équipe du Musée (dirigé par P. Vérin et Ramilisonina) a travaillé le 12 septembre 1970.

Mikaiky : [22°08' S, 44°39'E] se trouvant près d'Ampandralava. Le travail de terrain fait dans les années 1970 était dirigé par P. Vérin et Ramilisonina.

Rezoky : [22°07’S, 44°34'E)], (X: 207,9 Y: 443,0) situé au Nord d'Ankazoabo-Sud. Il correspond à un ancien village (Vérin 1971a) qui date du 13e au 15e siècle A.D. (Dewar et Wright 1993). Les Rezokiens étaient des pasteurs et possédaient de nombreux bovidés qu'ils consommaient. Ils pratiquaient quelquefois la chasse aux fosa (Cryptoprocta ferox) (Vérin 1971b). Cependant, une partie des collections (aucune information précise du site) a été offerte par C. Lefèvre (Maire rural d'Ankazoabo-Sud) en 1970. Une autre partie a été collectée au cours de différents sondages, par l'équipe du Musée d'Art, dirigée par P. Vérin, en août et en septembre 1970.

Ambinda-Miboboka : se trouvant non loin de Rezoky, dans une petite dépression au bord de la rivière de Miboboka, près de Mikaiky-Ampandralava. Le travail de collecte a été mené par P. Vérin et Ramilisonina.

Ampoza : comprenant plusieurs sites, dont quelques-uns ne sont pas bien localisés dans les littératures. Le village d'Ampoza se trouve à environ 27 km à l'est d'Ankazoabo-Sud [22°20'S, 44°43'E]. Un site est formé d’une dépression marécageuse recoupée par la rivière Sakavanaka [Mahé et Sourdat 1972). Sans précision de la localisation des sites, des datations au 14C ont été effectuées à partir d'un tibia d'Hypogeomys antimena (MNHN 1931.6) donnant un âge de 1350 ± 60 BP (Beta-72676, CAMS-13677) (Goodman et Rakotondravony 1996) et les autres ossements 1910 ± 120 BP  (Gak-2309) par Mahé et Sourdat (1972) ; et de 2400 BP par Vogel cité dans Chanudet (1975).

Nos collections concernent les sites d'Antsoa (site 1 et site 2) [22°06'S, 44°32'E], (X : 208,0, Y : 443,0), et du Gué d'Ampanihy-Ampoza [22°20'S, 44°42'E] se trouvant plus au Sud.

Andavadoaka : localisé sur la côte ouest, dans la région de Morombe, au nord de Lamboharana. C'était une zone d'habitat où des poteries en grande quantité, durant des périodes anciennes, correspondent à celle des Aepyornis (Chanudet 1975). Ce site est du type mixte du fait qu'on y trouve des restes d'ossements d'Aepyornis dans des niveaux stratigraphiques inférieurs (H. Wright, comm. pers.). La collecte des spécimens a été effectuée dans des dunes (dunes ouest) par l'équipe de C. Chanudet et Ramilisonina en 1970, et en surface [22°05'S et 43°15'E]  (X:  207,1, Y: 451,1).

Belo-sur-Mer : est un site dans la commune de Belo-sur-Mer. Il se trouve à mi-chemin entre Morondava et Morombe : 20°44'S, 44°00'E -Chanudet 1975). Ce site, du type mixte (H. T. Wright, comm. pers.), est une ancienne mare dont le niveau inférieur présente des restes biologiques surplombés de restes archéologiques et le site lui-même est entouré de nombreux sites contenant des restes archéologiques (Ramilisonina, comm. pers.). Une fouille, dirigée par H. T. Wright et D. A. Burney, a été menée le 07 août 1994 dans le site de coordonnées X: 146,0,  Y: 593,5 et d'autres fouilles dirigées par D. A. Burney et Ramilisonina en 1995 dans trois sites répartis respectivement dans trois villages différents : Ambonjobe, Ampasakao et Ankitiky. Une autre fouille a été menée par ces deux chercheurs en 1996 et des études y afférentes sont en cours. A partir des restes de céramiques étudiés par D. A. Burney et al. (H. T. Wright, Ramilisonina, comm. pers.) ce site date du 15e siècle.

Lamboharana : localisé à environ 135 km au nord de Toliara, 22°12'S, 43°14'E (MacPhee et Burney 1991) fut daté à partir des ossements donnant (1) 1220 ± 80 BP (Gak-2310), 1740 ± 50 BP et 2350 ± 120 BP (Gak-2307), (2) 3495 ± 55 BP - (AA-2894) et (3) 2020 ± 300 BP (TO-1438) et 1740 ± 50 (TO-1437) respectivement pour trois ossements d'hippopotame nain (Mahé et Sourdat 1972 ; Chanudet 1975 ; MacPhee et Burney 1991). Des collectes de surface y ont été faites par l'équipe du Musée et furent dirigées par P. Vérin et Ramilisonina en 1972.

Vintany : un site près d'Itampolo (site cité plus haut), où l'on a obtenu quelques spécimens. Le travail de collecte a été réalisé vers les années 1960 par P. Vérin, R. Battistini et Ramilisonina.

Notons que tous les sites que nous avons recensés sont pour la plupart du type archéologique avec quelques-uns du type paléontologique.

Plusieurs sites ont été explorés durant cinq périodes : en 1991, en 1993, en 1995 et en 1996 dans le cadre du projet "Central Androy Survey" par l'équipe de l'University of Sheffield et du Musée d'Art et d'Archéologie d'Antananarivo, sous la direction de M.P. Pearson et autres.

  1.  En 1991 : le projet a débuté par une prospection pendant laquelle aucune fouille n'a été faite de façon intensive (Ramilisonina, comm. pers.). Les travaux y étaient réalisés sur une superficie s'étendant sur 12 km N-S et 7 km E-W dans une région de collines, au sud du village d'Antanimora, cité par Pearson et al. en 1992 (Pearson et al. 1993). L'installation humaine y a commencé aux 9-12e siècles A.D. jusqu'au 17e siècle environ (âges relatifs des céramiques). Après le 17e siècle jusqu'en 1850 on a constaté l'absence d'habitation humaine (Pearson et al. 1993). Cinq sites à ossements nous intéressent dans ce premier projet : Amanda-Androy 88,. Ampotaka-Androy, Belavenoka-Androy, Faux Cap III et Namolora III (site : Androy 40).

  2. En 1993 : le projet consistait à faire des fouilles archéologiques pour lesquelles des datations relatives faites à partir de céramiques ont été établies de la fin du 19e siècle au 20e siècle. Ceci coïnciderait avec l'importation du "cactus" (Opuntia) dans l'Androy. La stratigraphie démontre un non-mélange des activités humaines avec les coquilles d'oeuf d'Aepyornis (Pearson et al. 1993).

Cinq sites parmi les 76 explorés (sites indiqués et numérotés selon la progression de l'exploration sur terrain) nous intéressent par leur composition en ossements, en coquilles d'oeufs et en coquillages. Ces sites sont Ampozy : site IV nord de la tombe site 147 (V26), Antalimena : sondage II V47 site 166, Bebea I site 151, Bezara site 135 et Ambaro Be site 140 et 141. Les travaux de fouilles, au cours de cette année 1993, ont été réalisés sur une surface de 15 km2, entre les latitudes 25°02'S et 25°04'S et les longitudes 45°41'E, 45°44’E.

  1.  En 1995 (novembre et décembre), plusieurs travaux de fouilles ont été effectués dans plusieurs sites dont quelques-uns contiennent des spécimens d'ossements, de coquilles d'oeufs et de coquillages. Les sites fouillés se trouvent dans un transect de 2 km de large et 15 km de long, entre Ambazoa à l'ouest (25°15'S et 45°48'E) et juste au-dessus d'Anafondravoay est (25°13'S et 45°57'E) (Pearson et al. 1995).

  2. A Laparoy : différents sondages associés à des restes archéologiques datant du 17e au 19e siècle, recouvrent une superficie d'environ 1,5 ha. C'était la plus vieille des quatre implantations humaines (Pearson et al. 1995).

  3. A Ambaro : en tout, les sites recouvrent 5 ha avec la forêt sacrée. L'âge relatif de l'installation humaine est du 19e siècle (Pearson et al. 1995). Nous y considérons les sites comme : Ambaro avec plusieurs sondages, Tongarivo, Bevala Beach, Cap Sainte Marie, Najoa, Talaky, Tsimirango, Tsihombe Aéroport, Andranosibe, Ankily Ambazoa, Vahavola, Montefeno, Analalava, Anjapanoraka, Antsakoanga. En particulier, Talaky [25°13'S, 46°04'E] localisé à l'embouchure du bas-Menarandra (extrême sud), a été déjà découvert par R. Battistini en 1957 et une mission de reconnaissance y a été effectuée par R. Battistini, P. Vérin et R. Rason en 1962 (Chanudet 1975). Ainsi, une datation au 14C sur du charbon prélevé à 20 cm a donné une date 840 ± 80 BP (Gak-276).

  4.  En 1996 : une seule localité, Mafelefo, parmi les sites explorés, nous intéresse. Elle concerne 3 sites (dénommé selon les informations souscrites sur les étiquettes des collections) : (1) 479b Banc de la rivière B côté Ouest, (2) 479 b côté Est et (3) 479 c au coeur de la surface.

1. Mitsangàna [46°05'S et 25°11'E], X : 360,0, Y : 103,0,où un sondage a été effectué en surface par l'équipe du Musée d'Art et d'Archéologie le 2 juillet 1978.

2. Ankiliabo [25°14'S et 46°05'E], X : 363,4 Y : 95,75 où un sondage a aussi été exécuté par la même équipe du Musée le 2 juillet 1978.

3. Andova [25°15'S et 46°03'E], (X : 361,350, Y : 97,70), situé au sud d'Ambovombe.

Andranosoa se trouve à environ 27,6 km à vol d'oiseau à l'ouest nord-ouest d'Antanimora. Les collectes, faites en surface, ont été menées par l'équipe du Musée d'Art et d'Archéologie, dirigée par J. P. Emphoux. Nous y considérons quatre sites archéologiques qui présentaient des spécimens ostéologiques et de coquillages :

  1. Mahirane-Andaro [25°21'S et 45°24'E], (X: 295,5, Y: 163,05), exploré en 1975 où des collectes de surface et des sondages ont été réalisés.

  2. Ianelatsama-Andranosoa [24°52'S et 45°11'E], (X: 292,5, Y: 144,5). La collecte des spécimens s'est faite en surface, dans la journée du 1 mai 1978.

  3. Andranosoa proprement dit, qui intéresse trois sites de coordonnées très confuses. Les travaux ont été effectués en deux étapes : le 5 février 1979 et en novembre 1979.

Ces trois sites sus-cités s'étendent sur une longueur de 1 km environ avec 300 à 400 m de largeur. Cependant, parmi les différents sondages, seuls quelques-uns comportant des ossements nous intéressent. Les vestiges archéologiques trouvés ont montré qu'Andranosoa a continué à être utilisé jusqu'aux 16-17e siècles (Radimilahy 1980, 1988).

Selon Emphoux, dans son rapport (1979) :

 « Le site d'Andranosoa est une vaste zone d'habitat ancien situé au confluent de la rivière Manambovo et d'un de ses petits affluents, la rivière Andranosoa. Les berges de la rivière Andranosoa sont à quelques mètres au-dessus du niveau de la rivière ».

Une datation au 14C faite sur des charbons de bois et des cendres inclus donne 730 ± 90 ans (Gif-4571). Dans un autre site, une ancienne fosse à ordures de 2 m environ de profondeur sur 3 à 4 m d'ouverture, la datation au 14C à partir de charbon de bois a donné 920 ± 90 ans (Gif-4571) dans un niveau IV inférieur (le plus bas). Des informations sur les spécimens extraits à partir des fouilles dans cette fosse à ordures ont déjà été rapportées par Rasamuel (1984).

  • 4. Dans le village de Beankany. Ce village fait partie de la région d'Andranosoa, le site de ce village a été exploré indépendamment des trois sites précédents. En effet, dans un rapport fait par Ramilisonina (1980) auprès du Musée d'Art intitulé "Beankany, l'ancien village Tandroy", une campagne de fouille archéologique, sous la direction de J. P. Emphoux, a été entreprise à Andranosoa dans l'Androy, dans la vallée du fleuve Manambovo le long duquel se trouve le site de Beankany [25°09'S et 45°22'E]. Ce site a été occupé par des Bara et des Bekitro (anciens forgerons de la région qui avaient possédé du "kitro" ou talon de sagaie). Le site de Beankany, à une altitude d'environ 22 m, a une superficie d'environ 2 ha et se situe sur le bord est du fleuve Manambovo, à 700 m au sud du confluent d'Andranosoa, une petite rivière affluent de Manambovo. Ce site a comme coordonnées X: 209,5, Y: 144,5. Selon Ramilisonina (1980), Beankany représente une occupation humaine ultérieure à Andranosoa et Talaky.

Quarante secteurs de fouilles ont été identifiés et fouillés mais seulement six comportent des ossements dont le site n°5, et ils nous présentent des spécimens ostéologiques. Les collectes de surface ont permis de caractériser les anciennes occupations humaines sur le lieu (Ramilisonina 1980). Notons que quelques ossements (souvent friables et réduits en poudre) ont dû être abandonnés sur place (Ramilisonina, comm. pers.). C'est un site qui présente deux périodes : la première contient des ossements d'hippopotames nains, la seconde, postérieure, correspond à l'occupation humaine (Ramilisonina 1980, Wright, comm. pers.). De ce fait, Beankany serait un site du type mixte.

  • 5. Ankara-Anivo [24°45’S et 45°28'E], (X : 303,4 Y : 148,6). Les travaux de prospection ont été réalisés le 29 Juillet 1983 par l'équipe du Musée composée de C. Radimilahy, H. T. Wright et G. Heurtebize, voir Radimilahy et Wright (1986). Des ossements et des restes archéologiques y sont retrouvés en surface précisément dans le site de coordonnées X: 304,5E Y: 149,9N (Heurtebize 1986).

  • 6. Ankara-Andindo [24°43’15"S, 45°28’25"E],(X: 304,5, Y: 149,9). Même période de réalisation que précédemment.

Les noms vernaculaires malgaches relatifs aux espèces sont mis entre guillemets. Pour les spécimens rares, les numéros de catalogue sont mis entre parenthèses.

- Milvus migrans (Boddaert, 1783) "Papango, Tsimalaho"

Un humérus (MAA 385a) de cette espèce a été collecté dans le site de Rezoky (NIM=1).

Ce Rapace (Accipitridés) de taille moyenne est peu exigeant. Il fréquente toutes sortes de biotopes, avec une préférence pour les abords des zones humides  (rivières, fleuves, lacs), les bords de mer, les villes et villages et la forêt dégradée, lorsque le brûlis y est pratiqué. Il est absent des milieux forestiers denses (Langrand 1995).

- Numida meleagris (Linné, 1758) "Akanga, Vitro, Vitro-ala"

Des spécimens de cet oiseau ont été collectés dans quatre sites tels que : Asambalahy (NIM=1), Rezoky (NIM=2), Ambohibola (NIM=2), Ambohibola (NIM=1) et Laparoy (NIM=1).

N. meleagris, selon Langrand (1995), fréquente les zones herbeuses, les cultures ou tout espace dégagé (berges de lacs ou de rivières) en limite d'une formation boisée. Depuis la proche côte de Mozambique, N. meleagris est introduite à Madagascar par l'homme en tant qu'oiseau domestique et parfois retourne à l'état sauvage.

- Xenopirostris xenopirostris (Lafresnaye, 1850) "Tsilovanga"

Un tarsométatarse (MAA 561) presque intact de ce Vangidae a été retrouvé à Ambohibola (Miary) (NIM=1).

C'est une espèce endémique de Madagascar, localisée dans le domaine du Sud où elle est assez commune. Elle fréquente exclusivement le bush épineux sub-aride avec une nette préférence pour les secteurs présentant de nombreux bois morts (Langrand 1995).

-Tenrec ecaudatus (Schreber, 1777) "Trandraka"

Nous en avons recensé des centaines d'os crâniens et post-crâniens. Adultes et jeunes compris, cette espèce est répartie dans trois sites : Rezoky (NIM=101), Ambohibola (NIM=1) et Andranosoa (NIM=69).

Cet insectivore terrestre de la famille des Tenrecidae se rencontre et s'adapte partout à Madagascar, dans différents types d'habitats en particulier dans les lisières, les sous-bois, et près des sources d'eau. Il se rencontre d'ailleurs à l'est dans des forêts sempervirentes et à l'ouest dans des forêts galeries (Eisenberg et Gould 1970).

- Echinops telfairi (Martin 1838) "Tambotriky, Sora"

Nous n'avons catalogué qu'une demi-mandibule (MAA 393) de cet animal (NIM=1) retrouvée dans le site de Belo-sur-Mer.

Cette espèce de Tenrecidae mène partiellement une vie arboricole grâce à ses ongles très aigus. Il est concentré dans les parties les plus arides du Sud-ouest de Madagascar comme Morondava et Toliara et Amboasary-Sud (Eisenberg et Gould 1970).

- cf. Galidictis grandidieri (Wozencraft, 1986)

Comme précédemment, ce petit Carnivora, individu identifié à partir d'un humérus (MAA 707), n'a été recensé que dans un site : Andranosoa (NIM=1).

A partir des matériels de référence qui sont disponibles, il semble que cet humérus appartient au genre Galidictis. Entre les deux espèces connues de ce genre, en tenant compte des répartitions géographiques, nous attribuons ce spécimen à G. grandidieri connu dans la région du Plateau Mahafaly (Wozencarft 1986; Goodman 1996) au lieu de G. fasciata connu dans la forêt humide de l'est de l'île (Albignac 1973).

- Crytoprocta ferox (Bennet, 1883) "Fosa"

Plusieurs spécimens osseux (crâne, vertèbres, membres et d'autres) de ce grand Carnivora malgache ont été identifiés dans les différents sondages faits à Rezoky (NIM=8).

Cette espèce est très répandue et recouvre presque toutes les surfaces boisées de Madagascar (Albignac 1973).

- Lepilemur ruficaudatus (A. Grandidier, 1867) "Boenga, Boengy"

Ce lémurien de la famille des Lemuridae a été identifié dans le site de Rezoky (NIM=4), à partir de différents ossements tels que : six demi-mandibules (MAA 581a-c; MAA 596a-b et MAA 603), des os longs (MAA 582a-b, MAA 655).

On rencontre cette espèce dans les forêts de l'ouest, entre le fleuve Tsiribihina au nord et le fleuve Onilahy au sud. Mais cette surface peut s'allonger plus au sud, Ejeda (Harcourt et Thornback 1990).

- Lemur catta (Linné, 1758) "Maki, Hira"

C'est seulement à Andranosoa (NIM=1) qu'on a identifié une demi mandibule (MAA 746) de ce lémurien de la famille des Lemuridae.

Il est distribué dans les forêts et les bush épineux du Sud et du Sud-ouest de Madagascar (Harcourt et Thornback 1970).

- Propithecus verreauxi (A. Grandidier 1867) "Sifaka-bilany"

Quelques spécimens de cet Indridae malgache, dont une mandibule (MAA 593b) et des ossements (MAA 591 et MAA 615) d'individu adulte et un os long (MAA 614) d'individu jeune sont recensés à Rezoky (NIM=2). P. verreauxi habite les régions forestières du Sud et de l'Ouest de Madagascar. On le rencontre dans tous les types de forêts du Sud et du Sud-ouest malgache, à partir des formations arides de Didierea aux forêts galeries riveraines. Ces animaux se nourrissent de feuilles, de fruits et de fleurs (Harcourt et Thornback 1970).

- Potamochoerus larvatus (F. Cuvier, 1822) "Lambo"

Des ossements attribués à cette espèce ont été retrouvés à Andranosoa (NIM=1), Rezoky (NIM=3).

C'est une espèce probablement introduite à Madagascar (Grubb, 1993) et qui vit à l'état sauvage.

- Crocodilus niloticus (Laurenti, 1768) "Voay"

Des os crâniens et post-crâniens de cette espèce ont été identifiés à Andranosoa (NIM=1), Lamboharana (NIM=1) et Mikaiky (NIM=1).

C. niloticus se trouve partout à Madagascar, surtout dans le Nord-ouest. Elle est chassée pour sa peau et sa viande.

- Pyxis arachnoides (Bell, 1827) "Tsakafy, Kapila"

Des plaques osseuses dermiques et des os de membre appartenant à cette espèce étaient retrouvés à Lamboharana (NIM=1) et Ambohibola (NIM=1).

Elle préfère les zones plutôt sèches (comme les régions à plantes épineuses) et les dunes dans les zones côtières du Sud-ouest et de l'extrême sud malgaches.

- Pelomedusa/Pelusios.

Deux espèces nous intéressent : Pelomedusa  subrufa (Lacépède, 1788) et Pelusios castanoides (Hewitt, 1931).

Des plaques osseuses dermiques appartenant à l'une d'elles ont été collectées dans le site d'Andranosoa.

Ces deux espèces dulçaquicoles possèdent une vaste aire de répartition dont le Sud-ouest et l'extrême sud malgaches.

- Ordre des Squamata (Glaw et Vences 1994), sous-ordre des Serpentes

Des os de la partie tronchale d'un petit serpent sont associés aux restes d'animaux et de poteries retrouvés dans la fosse à détritus du site d'Andranosoa.

Généralement, les spécimens de poissons, d'après les structures osseuses, appartiennent à des Ostéichtyes (Poissons osseux). En effet, nous en avons trouvé différents types d'ossements (os de la joue, vertèbres, épines et os crâniens) dont la taille permet de présumer l'existence du plusieurs individus et la présence de différents types de dents appartenant à différentes espèces a été noté.

Des restes de poissons ont été collectés dans plusieurs sites tels que : Fiherenana, Laparoy, Talaky, Andranosoa, Tsimirango, Mikaiky, Ambohibola et Belo-sur-Mer. Les poissons sont du type marin et/ou dulçaquicole suivant la forme générale des spécimens dentaires.

- Les Mollusques (Sous-Embranchement)

Notre étude concerne trois groupes tels que :

- Les Gastéropodes (Classe) qui sont représentés par des espèces marines de taille variée. Plusieurs sites présentent des Gastéropodes (41 sites sur les 126 étudiés) dans le Sud-ouest et extrême sud où des fragments ou des coquillages entiers sont associés à des ossements d'animaux d'origine alimentaire.

- Les Lamellibranches (Classe) sont représentés par la famille des Ostréidés regroupant les "huîtres". Des huîtres marines de tailles variées ont été identifiées dans les sites de la région d'Ambovombe : Andova (NIM=1) et dans la région d'Andranosoa : site d'Ankara-Anivo (NIM=1).

- Les Céphalopodes (Classe) représentés par des Bivalves marins de taille moyenne, environ 3-5 cm de diamètre. Des spécimens de ces Bivalves ont été identifiés dans les sites de Bevala (NIM=1), Ambohibola (NIM=1) et Mikaiky (NIM=1)

- Les Arthropodes (Classe) qui nous intéressent sont du groupe des Crustacés. La seule espèce de Crustacé que nous avons recensée est le Crabe, probablement du type saumâtre (mangrove). Cette espèce est représentée par des pinces dans les sites de Talaky (NIM=1) et d'Ambohibola (NIM=1) et d’Andranosoa.

- Les Echinodermes (Classe) sont représentés par des coquilles d'Oursin marin rencontrées dans les sites d'Andranosoa (NIM=1) et la plage de Bevala (NIM=1).

- (1) Meleagris gallopavo "Vorontsiloza" (dinde).

C'est une espèce (ordre des Galliformes) originaire du Nouveau Monde, probablement introduite à Madagascar après l'année 1500. Cette espèce a été identifiée à partir d'un tibiotarse (MAA 265) dans le site d'Ambaro (NIM=1).

- (2) Gallus gallus (Linné, 1758) "Akoho".

Des spécimens de différents types, appartenant à cette espèce (ordre des Galliformes) ont été identifiés dans trois sites : Ambaro (NIM=1), Laparoy (NIM=1) et Ambohibola (NIM=1).

- (1) Canis lupus (Linné, 1758=), synonyme de Canis familiaris, "Alika, Amboa, Kivay".

Plusieurs ossements crâniens et post-crâniens attribués à cette espèce sont retrouvés à Mikaiky (NIM=1), Belo-sur-Mer (NIM=2) et Rezoky (NIM=4).

- (2) Felis silvestris (Schreber, 1775) ; "Kary".

Quelques spécimens d'os long de cette espèce de chat ont été identifiés. C'est seulement dans le site d'Andranosoa (NIM=1) que nous l'avons recensé.

C'est un animal de la famille des Félidés qui a été introduit par l'Homme à Madagascar où il se trouve partout à l'état sauvage.

On a les Bovidés tels que les bovins, les Caprins et les Ovins :

- (1) Bos indicus, synonyme de Bos taurus (Linné, 1758) "Omby".

Cette espèce, représentée par différents types d'ossements (dents, crânes, membres, vertèbres), est presque commune dans les sites tels que : Ampoza, Antalimena, Ambaro, Tsimirango, Tsihombe, Analalava, Anjapanoraka, Mafelefo, Andranosoa, Beankany, Mitsangàna, Ankara-Anivo, Asambalahy, Lamboharana, Mikaiky et Rezoky. Mais chez cette espèce, il est difficile de dire si tous les ossements, éparpillés ici et là dans chaque site, appartiennent ou non à un même individu.

- (2) Capra hircus (Linné, 1758) "Osy, Bengy".

Des ossements attribués à cette espèce sont identifiés dans les sites d'Amanda (NIM=1), Mafelefo (NIM=1), Ambohibola (NIM=1), Rezoky (NIM=1), Beankany (NIM=1), Mahirane-Andaro (NIM=1) et Fiherenana (NIM=1).

- (3) Ovis aries (Linné, 1758) "Ondry".

Cette espèce est commune dans les sites (NIM=1 de chaque) tels que : Amanda-Androy, Ambaro, Andranosoa, Ambohibola, Mafelefo et Rezoky.

- (4) Capra/Ovis (Caprinae indéterminé) se rencontre dans les sites d'Ankara-Anivo, Laparoy et Ambaro.

Ces trois dernières espèces de bovidés ont été introduites à Madagascar pendant les périodes anciennes. Les populations malgaches de la région du Sud-ouest et de l'extrême sud du 9e au 17e siècle pratiquaient l'élevage de bovidés et de volailles. Les animaux (chien et chat sauvage) commensaux de l'homme sont présents. Ces deux carnivores s'intègrent facilement dans la région du Sud-ouest et de l'extrême sud, vu la composition faunistique (beaucoup de micromammifères dans la nature) et le caractère physique de la flore (du type buissonneux).

C'est un genre entièrement disparu à Madagascar après la période de l'installation humaine vers 2000 BP (MacPhee et Burney 1991), probablement durant plusieurs siècles. Des récits parlent de l'existence d'hippopotame nain dans l'île jusqu'à une période récente (Godfrey 1986). La cause de son extinction est probablement double : le changement climatique et la pression humaine. Actuellement, on connaît 3 espèces d'hippopotames nains à Madagascar. L'une, H. laloumena, Faure et Guerin, 1990, la plus grande, vivait sur la côte Est, à Mananjary tandis que les deux autres, H. lemerlei Grandidier, 1868, et H. madagascariensis (Guldberg, 1883), vivaient sur la côte sud-ouest et les Hautes Terres (Stuenes 1989). Ces deux dernières ont été identifiées dans nos collections d'étude, celles du Musée.

- (1) Cf. H. lemerlei. C'est une espèce à dimorphisme sexuel. Elle menait une vie amphibie de par ses adaptations au niveau du crâne (Stuenes 1989).

Selon Stuenes (1989), H. lemerlei est relativement petite et plus gracile par rapport à H. madagascariensis. H. lemerlei a un régime alimentaire entièrement herbivore. La vie plus amphibie de H. lemerlei est corrélée avec un élargissement vers le haut de ses lobes optiques. Dans nos collections, des individus jeunes et adultes ont été identifiés dans les sites (NIM=1 pour chaque site sauf pour Lamboharana où NIM=6) tels que : Lamboharana, Andranosoa, Ampoza, Amboaboaka, Beankany, Asambalahy, Taolambiby, Ambinda-Miboaboaka et Mikaiky. A Asambalahy, l'humérus (MAA 210a) d'un jeune individu présente une trace d'outil probablement métallique. La datation de cet os est en cours ainsi que la confirmation de la trace, s'il s'agit réellement d'un coup de couteau ou autre. A Beankany, on a même un squelette représenté par quelques ossements : membres, côtes (MAA 579) dans le secteur 12 de 5x3 m2.

- (2) cf H. madagascariensis a été identifié dans les sites d'Amboaboaka (NIM=1), d'Asambalahy (NIM=1) et de Lamboharana (NIM=1). C’est une espèce homogène menant une vie tendant à être terrestre et herbivore. Elle présente une robustesse au niveau du squelette crânien et post-crânien par rapport à la première (Stuenes 1989).

- (3) H. lemerlei/madagascariensis. Beaucoup d'ossements d'hippopotame nain non identifiés, appartenant probablement à l'une des deux espèces précédentes, ont été collectés dans plusieurs sites tels que : Amboaboaka (NIM=1), Antsoa-Ampoza (NIM=1), Ampoza (NIM=1), Andavadoaka (NIM=1), Asambalahy (NIM=3), Lamboharana (NIM=2), Rezoky (NIM=2) et Itampolo (NIM=1).

La taxonomie et le nombre des espèces appartenant à la famille des Aepyornithidae sont mal connus. En outre, la relation entre le nom de l'espèce et les restes d'ossements et les fragments de coquilles d'oeuf n'est pas claire. Des études de l'ADN seraient nécessaires pour connaître l'épaisseur de fragment de coquille pouvant appartenir à une espèce donnée identifiée à partir des restes d'ossements. Aussi, dans ce travail, nous utilisons les noms proposés dans les documents et non basés sur notre propre recherche.

Dans nos collections, en général, trois espèces sont recensées à partir de leurs coquilles suivant la présence de différentes épaisseurs de coquilles d'oeuf, sauf dans le cas d'un site où nous avons retrouvé quatre ossements (maxillaire, tibia, apophyse pubien et vertèbre) en même temps. Les espèces connues dans le Sud de Madagascar sont celles proposées par Monier (1963).

* Aepyornis maximus Saint Hilaire, 1851. Recensée soit par des coquilles d'oeuf : retrouvée à Talaky (NIM=1), Mahirane-Andaro (NIM=1) et à Ambovombe-Ankiliabo (NIM=1) ; soit par des os longs rencontrés à Amboaboaka (NIM=1).

* A. maximus ou A. medius Milne-Edwards et A. Grandidier, 1869.  Des coquilles appartenant à l'une ou à ces deux espèces se sont mélangées dans   plusieurs sites (NIM=1 de chaque) tels que :  Faux-Cap,  Cap Sainte Marie,  Nanjoa,  Ankily-Ambazoa, Lamboharana, Vintany, Belo-sur-Mer, Andavadoaka, Androka, Fiherenana, Mahirane-Andaro, Ankara-Andindo.

Les deux espèces d'Aepyornis habitent la région sud-ouest et extrême sud malgaches, mais en plus A. medius vivait dans le centre selon Monnier (1913).

* Mullerornis cf. agilis Milne-Edwards et A. Grandidier, 1894. Des coquilles de cette espèce sont retrouvées à Ambohibola (NIM=1), Belo-sur-Mer (NIM=1), Fiherenana (NIM=1) et Andavadoaka (NIM=1).

L'extinction de ces oiseaux Ratites est probablement due essentiellement au changement des conditions du milieu et peut-être due à l'extermination faite par l'homme. Cependant, "Il n'a jamais été réellement démontré que les hommes aient consommé l'Aepyornis à Madagascar" (Allibert 1992) et que les oeufs d’Aepyornis sont retrouvés dans une couche antérieure à celle où se trouvaient les restes d'activité humaine.

Des plaques osseuses dermiques très remarquables (épaisseur supérieure à 2 cm) et des os de membres de cette espèce de tortue terrestre géante ont été identifiés dans quelques sites :

. sites archéologiques : Ambinda-Mikoboka (NIM=1)

. sites mixtes : Gué d'Ampanihy-Ampoza (NIM=1), dont une plaque osseuse dermique (MAA 242c) est actuellement en cours de datation, Antsoa-Ampoza (NIM=1); Lamboharana (NIM=1)

. sites à accumulations naturelles : Ambanitry (NIM=1), Itampolo (NIM=1)

G. grandidieri est une espèce terrestre de grande taille. C'est la plus grande espèce de tortue connue à Madagascar dont la répartition est encore mal délimitée.

ESPECES

SITES

Accumulations naturelles

Mixtes

Archéologiques

Cf. Hippopotamus lemerlei (espèce 1)

Amboaboaka,

Itampolo

Ampoza,

Asambalahy (*)

Lamboharana,

Andranosoa,

Ambinda-Mikoboka, Beankany, Mikaiky

Cf. H. madagascariensis (espèce 2)

Amboaboaka

Lamboharana

Asambalahy

Hippopotamus espèces 1 et 2

Amboaboaka, Itampolo

Andavadoaka, Antsoa-Ampoza,

Ampoza, Lamboharana.

Rezoky

Aepyornis maximus (coquilles d’oeuf)

Amboaboaka (+)

Ankiliabo, Mahirane, Talaky

Aepyornis

maximus / medius (coquilles d’oeuf)

Belo-sur-Mer, Lamboharana, Vintany

Andavadoaka, Androka, Ankara-Andaro, Ankily, Cap Ste Mie, Faux Cap, Fiherenana, Nanjoa.

Mullerornis sp. (coquilles d’oeuf)

Belo-sur-Mer

Ambohibola, Andavadoaka, Fiherenana

Geochelone grandidieri

Ambinitry, Itampolo.

Antsoa-Ampoza, Gué d’Ampanihy, Ampoza, Lamboharana.

Ambinda-Mikoboka.

(+) : espèce d’Aepyornis identifiée à partir d’ossements

(*) : spécimen (humérus) présentant une trace de coupe

TABLEAU : Contexte des ossements d’animaux disparus retrouvés dans les sites étudiés

Ce tableau montre que les quatre genres d'animaux disparus mentionnés dans ce travail se trouvent tous dans les trois sortes de sites. De ce fait, ces animaux vivaient depuis longtemps à Madagascar et subsistent jusqu'aux environs des 9e-17e siècles. Les espèces disparues, en particulier les hippopotames nains, sont généralement des proies de grande taille pour les hommes. Ceci expliquerait la possibilité de leur grande place dans l'alimentation de l'homme.

A part quelques sites (Andranosoa où des vestiges ont été ramenés d'une fosse à détritus), les collectes dans les sites archéologiques sont de surface. Nous ne pouvons donc pas réaliser la biostratigraphie. Cependant, la valeur biologique des spécimens reflète la composition faunistique de l'environnement ancien de la localité où vivaient les populations humaines aux environs du 9e au 17e siècle.

Cet environnement est composé d'une association d'animaux terrestres sauvages (Tenrecidae, Lemuridae, Carnivora, Tortues et Oiseaux), domestiques récemment introduits (Bovidae, Canidae et Galliformes) et d'animaux aquatiques sauvages (tortue, poissons). Des animaux marins étaient retrouvés dans le site dont le transport se serait fait entre la côte et la terre ferme pendant cette période. Parmi eux, les animaux domestiques sont introduits par l'homme et donnent ici une information sur la première évidence de leur introduction, par exemple celle de Meleagris gallopavo est du 19e siècle.

Concernant Gallus gallus, dans la région du Sud-ouest et de l'extrême sud, la première manifestation de sa présence se situe au 19e siècle, cependant elle est déjà connue au 11e siècle dans le nord de Madagascar, dans la région d'Ampasindava, à Mahilaka (Rakotozafy 1996). De ce fait, l'introduction de cette espèce dans cette région est tardive par rapport à celle de la région du Nord de Madagascar. Canis lupus, Cryptoprocta ferox et cf. Galidictis grandidieri sont retrouvées parmi d'autres espèces pour des raisons non précises. On note la première évidence de l'introduction du chien à Madagascar en l'occurrence dans les régions du Sud-ouest et de l'extrême sud malgaches dans la période remontant du 14e au 16e siècle.

La liste d'animaux de cette étude reflète régionalement la répartition de quelques espèces pendant les derniers centenaires. On constate que les restes d'animaux sauvages sont retrouvés dans leur milieu, là où on les rencontre actuellement. Dans l'extrémité Sud de Madagascar, on a recensé les espèces suivantes : Tenrec ecaudatus, Lemur catta, Galidictis grandidieri, Potamochoerus larvatus, Felis silvestris et des Gastéropodes. Dans la région du Sud-ouest, on a recensé Xenopirostris xenopirostris, Milvus migrans, Cryptoprocta ferox, Tenrec ecaudatus, Echinops telfairi, Lepilemur ruficaudatus, Propithecus verreauxi, Crocodilus niloticus, des Gastéropodes et des Huîtres. Hippopotamus spp. et Geochelone grandidieri ont été réparties dans l'extrême sud et le Sud-ouest de Madagascar où leur existence remonte depuis l'Holocène jusqu'au 20e siècle.

Dans la région du Sud-ouest et de l'extrême sud malgaches, on constate que, à part les espèces déjà éteintes, ces taxa (espèces) n'ont presque pas changé de répartition depuis l'occupation humaine du 17e au 19e siècle et jusqu'à maintenant. En tenant compte de l'écologie actuelle de ces animaux, ces régions du Sud-ouest et de l'extrême sud malgaches n'ont pas subi de grands changements, contrairement à ce que Rasamuel (1984) déduisait de ses analyses en disant que : "les conditions étaient meilleures aux 11e-12e siècles". Pour les deux périodes, il y a eu un climat chaud et aride, et un sol sec et sableux. C'est dans ces sables que les Ratites (Aepyornithiformes) ont pondu leurs oeufs bien avant l'arrivée de l'homme. La faune est généralement la même actuellement qu'aux 9e-17e siècles. En particulier, on rencontre toujours Tenrec ecaudatus en grand nombre. Cependant, les espèces herbivores de grande taille (Hippopotamus spp., Geochelone) ont disparu.

En général, la répartition des espèces animales n'a pas changé. On remarque malgré tout qu'actuellement Galidictis grandidieri est précisément localisée dans le Sud-ouest de Madagascar, du côté du Lac Tsimanampetsotsa au sud jusqu'à Itampolo (Wozencraft 1986, Goodman 1996). Cette espèce a été identifiée à partir des ossements collectés dans le site d'Andranosoa (du 13e jusqu'au 14e ou 17e) à 120 km à vol d'oiseau à l'est d'Itampolo. Notons que l'actuelle répartition géographique de ce Carnivore est certainement plus large que celle qui est réellement connue.

Les hippopotames nains  recouvrent toutes ces parties du Sud-ouest et de l'extrême sud de Madagascar. Ceci s’explique par l'existence de beaucoup de milieux aquatiques dans cette région. Les travaux de fouille paléontologique ultérieurs mentionnés par Stuenes (1989) rapportent la présence de H. madagascariensis à Antsirabe (Hautes Terres) et Ambolisatra, et H. lemerlei à Ampoza, Lamboharana, Ambolisatra et Itampolo. Dans la présente étude, l'existence de H. lemerlei au sud de Madagascar, précisément à Andranosoa et Beankany, est confirmée. Ceci élargit la répartition géographique de cette espèce. Des ossements de H. lemerlei et de H. madagascariensis, associés à des restes d'activités humaines, ont été collectés dans des gisements de surface. Quelques ossements d'hippopotames sont mélangés avec d'autres ossements de Bovidés, et un humérus d'hippopotame jeune (Asambalahy) présente une trace probablement laissée par un outil tranchant. Un squelette de cette espèce a été collecté à Beankany. Tout cela confirme leur dernière coexistence avec l'homme durant le 13e jusqu'au 17e siècle aussi bien dans les sites d'occupation humaine que dans les autres sites mixtes comme Asambalahy.

L'espèce Geochelone grandidieri présente deux intérêts dans cette étude, d'une part sa répartition géographique se situe du nord à l'extrême sud de Madagascar, en passant par le Sud-ouest. Ceci complèterait les informations données par Auffenberg (1974) disant que cette espèce se trouve seulement au Nord de Madagascar. D'autre part sa coexistence avec l'homme est confirmée, comme pour le cas des hippopotames.

En tenant compte des données biologiques relatives aux restes d'animaux rencontrés, nous pouvons dire que l'homme s'est nourri des animaux qui vivaient dans son milieu naturel (Tenrec, Echinops, escargots, Lepilemur, Propithecus, Lemur...). Cette action anthropique, alliée aux récentes introductions des espèces étrangères (Canis, Felis, Bos, Capra, Ovis, Potamochoerus), aurait modifié l'environnement. En sus de cette interaction entre animaux introduits et animaux autochtones, l'homme a satisfait également ses besoins  par les ressources tant végétales qu'animales suivant la disponibilité de ces dernières. Ainsi, les populations humaines vivant à proximité de la mer (Talaky, Laparoy, Andranosoa) avaient une préférence en aliments où les poissons, probablement des produits de pêche, dominaient. Sur la région côtière du Sud-ouest et de l'extrême sud malgaches, les coquilles d'oeufs d'Aepyornis sont abondantes mais leur utilisation et la raison de leur présence n’ont pas pu être bien définies dans cette étude. Nous ne pouvons pas affirmer si ces oeufs servaient de récipients, de nourritures ou s’ils étaient utilisés à d'autres fins.

A propos de la domestication dans cette région de Madagascar, l'élevage d'animaux  comme les Bovidés et les volailles fut très répandu. Chez la population humaine malgache d'une période plus avancée, dans un élevage plutôt extensif des Bovidés, l'utilisation des chiens est probable, et dans le contexte actuel, ces chiens peuvent aussi servir d'instrument de chasse redoutable.

Concernant les tortues, des spécimens ont été collectés dans des gisements d'origine humaine. En effet, dans la région du Sud-ouest (Rezoky, Asambalahy et Andranosoa par exemple), les tortues aussi bien terrestres qu'aquatiques sont très abondantes, mais très dispersées dans les sites de l'extrême sud de l'île. La cause de cette répartition est mal connue dans les sites concernés. Nous ne pouvons pas affirmer si la raison est de type écologique, dans le cas où les tortues seraient absentes ou non, ou de type anthropique  suivant que les hommes en mangent ou non comme actuellement.

Les oiseaux sauvages, terrestres dans nos cas, sont peu intéressants dans l'alimentation humaine de la région du Sud-ouest et l'extrême sud malgaches. Quant aux restes d’animaux domestiques de nos collections, ceux d'origine avienne sont moins importants que les bovins dans les divers sites.

On a pu remarquer que les espèces de petite ou de moyenne taille (Tenrec, Lemuridae) sont généralement utilisées dans l'alimentation mais subsistent encore actuellement. Pourtant, les espèces de grande taille sont éteintes. La cause de leur extinction est mal connue dans cette étude quoique des indices comme la trace de coupures sur des os d'hippopotame nain soient connues. Récemment, il a été avancé (MacPhee et Marx 1997) que des maladies graves introduites par les hommes s'implantant à Madagascar et/ou leurs animaux commensaux étaient responsables de la rapide et large extinction d'innombrables animaux dans l'île. Cette hypothèse mérite d'être testée rigoureusement mais comme Dewar l'a discutée (1997), en donnant, d'une part, la complexité de l'environnement de l'île tant dans son état actuel qu'au cours des temps géologiques récents, et d'autre part, les variations des niveaux de la perturbation anthropique dans les différentes régions, on peut dire qu'une seule explication du modèle d'extinction de ces animaux ne peut pas exister.

Dans cette étude, le recensement biologique nous a permis de définir l'environnement de la période aux environs du 9-17e siècle qui n'est pas loin de son état actuel. Ce recensement reflète le régime alimentaire de la population de la région du Sud-ouest et de l'extrême sud de Madagascar à cette période. Mais ce régime sous-entend un autre déterminisme d'interaction à savoir la disponibilité des ressources dans le milieu. Ceci peut-être étudié davantage dans le cas d'Andranosoa, d'Ambohibola et de Rezoky. L'association faunistique issue des restes retrouvés parmi les restes archéologiques informe donc sur la délimitation de la répartition géographique des espèces tant sauvages que domestiques. Ainsi, cette région du Sud-ouest et de l'extrême sud de Madagascar montre la première présence de quelques animaux domestiques tels que : Meleagris gallopavo, Felis silvestris et Canis lupus. A l'époque, la coexistence de l'Homme avec des espèces actuellement disparues comme Hippopotamus spp., Geochelone grandidieri, Aepyornis spp. et Mullerornis spp. est indiscutable. Pourtant, non seulement l'évidence de leur interaction manque encore de preuves mais le processus de leur extinction est moins précis.

Nous sommes très reconnaissants envers les collègues du Musée d'Art et d'Archéologie et du Département de Paléontologie et d'Anthropologie Biologique, Université d'Antananarivo qui ont facilité la présente étude. Nous remercions en particulier : le Professeur Berthe Rakotosaminanana qui a permis l'utilisation des spécimens biologiques de référence du Laboratoire de Primatologie et Biologie Evolutive, C. Radimilahy et J. A. Rakotoarisoa, Directeur du Musée d'Art, qui tous les deux, nous ont permis de consulter les matériels d'étude, sans oublier le responsable de la bibliothèque du Musée d'Art.

Le travail de recherche de L.M.A. Rakotozafy au Musée d'Art a été financé par le "John D. et Catherine T. MacArthur Foundation". Pour les commentaires dans une nouvelle version de cette rédaction, respectivement, nous remercions vivement, les Professeurs H. W. Wright et R. D. Dewar. Nous sommes très reconnaissants envers Monsieur Ramilisonina du Musée d'Art pour nous avoir fourni des documents et d'innombrables communications personnelles.



Bibliographie

Albignac R. : 1973. Mammifères Carnivores, Faune de Madagascar 36, Paris : ORSTOM et CNRS.

Allibert C. : 1992. Le monde Austronésien et la civilisation du bambou ; une plume qui pèse lourd : l'Oiseau Rokh des auteurs Arabes. Taloha, 11 : 167-181.

Auffenberg W.: 1974. Checklist of fossil land tortoise (Testudinidae). Bulletin of Florida State Museum, 18 (8) : 121-251.

Battistini R. : 1965. L'importance de l'action de l'homme dans les transformations proto-historiques du milieu naturel à Madagascar. Taloha, 1 : 214-223.

Battistini R. : 1971. Conditions de gisement des sites littoraux de subfossiles et cause de la disparition de la faune des grands animaux dans le Sud-ouest et l'extrême sud de Madagascar. Taloha, 4 : 7-18.

Burney D.A.: 1997. Theories and facts regarding Holocene environmental change before and after human colonization. S.M. Goodman & B.D. Patterson (eds.) Natural change and human impact on Madagascar, 75-89. Smithsonian Institution Press, Washington, D.C.

Chanudet C. : 1975. Conditions géographiques et archéologiques de la disparition des subfossiles à Madagascar. Mémoire de Maîtrise, Faculté des Lettres et Sciences Sociales, sect. Géographie, Université de Bretagne Occidentale.

Dewar R.E. : 1984. Extinction in Madagascar. The loss of the subfossil fauna. P.G. Martin & R.G. Klein, (eds.), Quaternary extinctions. A Prehistoric revolution, 574-593. Tucson, Univesity of Arizona Press.

Dewar R.E. : 1997. Were people responsible for the extinction of Madagascar's subfossils,         and how will we ever know ?  S.M. Goodman & B.D. Patterson ( eds.). Natural change and human impact in Madagascar, 364-377. Smithsonian Institution Press, Washington, D.C.

Dewar R.E. & H.T. Wright: 1993. The culture history of Madagascar. Journal of World Prehistory, 7: 417-466.

Eisenberg J.F. & E. Gould: 1970. The tenrecs : a study in mammalien  behavior and evolution. Smithsonian Contributions to Zoology, 27: 1-138.

Emphoux J.P. : 1979. Archéologie de l'Androy. Deux sites importants : Andranosoa, et le Manda de Ramananga. Communication au colloque d'histoire malgache, Tuléar, 9 p. dactylo.

Faure M. & C. Guérin : 1990. Hippopotamus laloumena nov. sp., la troisième espèce d'hippopotame holocène de Madagascar. C. R. Acad. Sci. Paris, t. 310, série II : 1299-1305.

Glaw F. & M. Vences : 1994. A fieldguide to the amphibians and reptiles of Madagascar. Leverkusen, Germany.

Godfrey L.R.: 1986. The tale of the tsy-aomby-aomby. The Sciences,  48-51.

Goodman S.M.: 1996. A subfossil record of Galidictis grandidieri (Herpestidae : Galidiinae) from southwestern Madagascar. Mammalia, 60 : 150-151.

Goodman S.M. & D. Rakotondravony: 1996. The Holocene distribution of Hypogeomys antimena (Rodentia : Muridae : Nesomyinae) on Madagascar. In W. R. Lourenço (ed.). Biogéographie de Madagascar, 283-293, ORSTOM, Paris.

Goodman S.M. & L.M.A. Rakotozafy: 1997. Subfossil birds from coastal sites in western and southwestern Madagascar. A paleoenvironmental reconstruction. In Natural change and human impact in Madagascar, S.M. Goodman & B.D. Patterson (eds.) Smithsonian Institution Press, Washington, D.C., 257-279.

Grubb P.: 1993. Order : Artiocactyla. In D. E. Wilson & D.A.M. Reeder ( eds.). Mammal species of the world. Taxonomic and geographic reference, 377-414, Smithsonian Institution Press, Washington, D.C.

Harcourt C. & J. Thornback: 1990. Lemurs of Madagascar and Comoros. The IUCN Red Data Book. IUCN. Gland, Switzerland and Cambridge, U.K.

Heurtebize G. : 1986. Les anciennes cultures de l'Androy central. Taloha, 10: 171-179.

Klein R.G. & K. Cruz-Uribe : 1984. The analysis of animal bones from archaeological sites. The University of Chicago Press, Chicago.

Langrand O. : 1995. Guide des oiseaux de Madagascar. Delachaux et Niestlé, Lausanne.

MacPhee R.D.E. & D.A. Burney: 1991. Dating of modified femora of extinct dwarf Hippopotamus from southern Madagascar : Implications for constraining human colonization and vertebrate extinction events. Journal of Archaeological Sciences, 18: 695-706.

MacPhee  R.D.E. & P.A. Marx: 1997. The 40,000-year plaque : Humans, hyperdisease, and first-contact extinction. In S.M. Goodman & B.D. Patterson ( eds.) Natural change and human impact in Madagascar, 169-217. Smithsonian Institution Press, Washington, D.C.

MacPhee  R.D.E. & E.M. Raholimavo: 1988. Modified subfossil aye-aye incisors from southwestern Madagascar : species allocation and paleoecological significance. Folia Primatologica, 51: 126-142.

Mahé J. & M. Sourdat : 1972. Sur l'extinction des Vertébrés subfossiles et l'aridification du climat dans le Sud-ouest de Madagascar. (Description des gisements. Datation absolue). Bulletin de la Société Géologique Française, 7, vol. 14 : 294-309.

Monnier  L. : Les Aepyornis. Annales de Paléontologie, tome 8,  Masson et Cie, Paris.

Pearson M.P., Godden K., Ramilisonina, Retsihisatse & J. Schwenninger

Monnier  L. : 1993. The central Androy project. University of Sheffield & Musée d'Art et d'Archéologie, Antananarivo.

Radimilahy C. : 1980. Archéologie de l'Androy. Contribution à la connaissance des phases de peuplement. Mémoire de Maîtrise, Faculté des Lettres et Sciences Humaines, Université d'Antananarivo, Antananarivo.

Radimilahy C. : 1988. L'ancienne métallurgie du fer à Madagascar. B.A.R. International, série 422.

Radimilahy C., Rakotovololona S. & Ramilisonina : 1991. Essai de recensement des sites archéologiques de Madagascar. Urban origin in Eastern Africa. Workshop Tanzania-Zanzibar-Madagascar paper, 12 : 56-74

Radimilahy C. & Wright H. : 1986. Notes sur les industries de la pierre taillée dans le Sud de Madagascar. Taloha, 10 : 163-170.

Rakotozafy L.M.A. : 1996. Etude de la constitution du régime alimentaire des habitants du site de Mahilaka du 11è au 14è siècle à partir des produits de fouille archéologique. Thèse de Doctorat de 3è Cycle ès Sciences, Faculté des Sciences, Université d'Antananarivo, Antananarivo.

Ramilisonina : 1980. Rapport de fouille de la fosse à ordures d'Andranosoa : campagne de novembre 1979. Centre d'Art et d'Archéologie, Antananarivo, manuscrit.

Rasamuel D. : 1984. Alimentation et techniques anciennes dans le sud malgache à travers une fosse à ordures du 11è siècle. Etude Océan Indien, 4 : 81-109.

Simmons E.L., D.A. Burney, P.S. Chatrath, L.R. Godfrey &  W.L. Jungers : 1995. AMS 14C dates for extinct lemurs from caves in the Ankarana Massif, Northern Madagascar. Quaternary Research, 43: 249-254.

Stuenes S.: 1989. Taxonomy, habits and relationships of the subfossil Madagascar hippopotami Hippopotamus lemerlei and H. madagascariensis. Journal of Vertebrate Paleontology, 9: 241-268.

Vérin P. : 1971a. Recherche sur le Sud-ouest de Madagascar. Taloha 4 : 3-5.

Vérin P. : 1971b. Les anciens habitats de Rezoky et d'Asambalahy. Taloha, 4 : 29-49.

Von den Driesch A.: 1976. A guide to measurment of animal bones from archaeological site. Peabody Museum Bulletin, 1, Peabody Museum of Archaeology and Ethnology, Harvard University.

Wozencraft W.C.: 1986. A new species of striped mongoose from Madagascar. Journal of Mammalogy, 67: 561-571.

Wozencraft W.C.: 1987. Emendation of species name. Journal of Mammalogy, 68.

Pour citer cet article


Lucien M.A. Rakotozafy et Steven M. Goodman. «Contribution à l'étude zooarchéologique de la région du Sud-ouest et extrême Sud de Madagascar sur la base des collections de l’ICMAA de l’Université d'Antananarivo». TALOHA, numéro 14-15, 29 septembre 2005, http://www.taloha.info/document.php?id=181.




ICMAA   London School of Economics   INALCO   Université de Fianarantsoa   Université d'Antananarivo   Agence Universitaire de la Francophonie  
Revue électronique internationale publiée par l'ICMAA, en partenariat avec l'Inalco, la LSE et l'UF avec le soutien de l'AUF
ISSN 1816-9082