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Introduction de l’étude bibliographique sur le fonds Grandidier


Vololoniaina RASOAMAMPIANINA, enseignant-chercheur, Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza, prota.madagascar@wanadoo.mg.
L. Modeste Rakotondrasoa, enseignant-chercheur, ICMAA, lmodesterakotondrasoa@gmail.com.

Date de mise en ligne : 2 novembre 2006

Table des matières

Texte intégral

Une bibliothèque spécialisée sur Madagascar a été montée par Alfred et Guillaume Grandidier. Une partie de cette bibliothèque a été remise à l'Institut de Recherche Scientifique de Madagascar (IRSM) vers 1960 et elle fut dénommée « fonds Grandidier » par l'Académie Malgache. D'après les renseignements recueillis en 1963 par Fred Ramiandrasoa auprès de Raymond Decary, J. Millot  et Hubert Deschamps, le fonds Grandidier conservé à Madagascar représente une partie importante de la bibliothèque Grandidier, mais beaucoup de documents se trouvent ailleurs (Vatican, Paris, USA, etc.) sans plus de précision. Actuellement près de 80% des documents du fonds Grandidier disponibles à Madagascar sont conservés au Centre de documentation du Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza (PBZT), le reste se trouve à la Bibliothèque Universitaire d'Antananarivo.

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Exemple de photographie du fonds Grandidier

En ce qui concerne les documents écrits, plus de 13 000 références d'unités documentaires ont été répertoriées, ce qui correspond à moins de la moitié des références citées dans la "Bibliographie de Madagascar" établie par Guillaume Grandidier.

Les documents les plus anciens datent de la fin du16e siècle et les plus récents de 1957. D'après les sondages effectués sur 5587 notices documentaires du PBZT, la répartition d'après la date de publication est la suivante :

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Exemple de photographie du fonds Grandidier

Les documents ont été produits par des voyageurs (navigateurs, commerçants, explorateurs, etc.), des journalistes, des scientifiques, des techniciens, des missionnaires, des militaires, des administrateurs et politiciens, des opérateurs économiques et de simples citoyens. En ce sens les sujets traités sont très variables et embrassent les différents aspects de Madagascar et des régions voisines: ressources, milieu naturel; ainsi que de leurs habitants: répartition, origines, activités, histoire, langue, mœurs et coutumes, religion, vie quotidienne, etc.

L'ensemble présente surtout le point de vue des européens sur Madagascar:

Plus rares sont les documents rapportant le point de vue des malgaches comme "Tantara sy fomban-drazana" de Rainandriamampandry, 1896 et les différentes éditions de "Tantara ny Andriana eto Madagascar"

Malgré tout, par sa richesse et par la rareté des documents qui y sont conservés, le fonds Grandidier peut être considéré comme un patrimoine exceptionnel renfermant une partie de la mémoire de Madagascar.

Si les documents du fonds Grandidier sont souvent cités dans la bibliographie des publications scientifiques, peu de chercheurs ont pu effectivement les consulter. En effet, la bibliothèque n'est connue que de quelques initiés; cependant, au cours des dernières années de plus en plus de chercheurs de différents pays de passage à Antananarivo et des étudiants des 2e et 3e cycle la fréquentent.

Quelques étudiants ont projeté de travailler sur le fonds Grandidier du PBZT pour leur mémoire de maîtrise mais jusqu'à présent aucun résultat n’a été présenté.

En vue de mettre les documents à la portée d'un public plus large, des projets ont été menés en vue de diffuser les informations. Il en est ainsi de ce projet de publication initié par l’Agence Universitaire de la Francophonie en partenariat avec la revue Taloha de l’ICMAA de l’Université d’Antananarivo, Taloha étant une revue scientifique des civilisations ayant une édition en ligne.

  Dans le cadre des projets PROSUD puis « Sauvegarde et valorisation du fonds Grandidier » financés par l'Agence universitaire de la Francophonie et « Médiathèque et Bibliothèque Electronique de l'Océan Indien » financé par le Fonds francophone des Inforoutes, le PBZT et la Bibliothèque Universitaire d'Antananarivo ont procédé depuis 1999 à l'informatisation du fichier ; près de 10 000 notices bibliographiques ont été établies jusqu'à présent; une partie peut être consultée sur les bases de données en ligne http://www.refer.mg/mbeoi et http://www.fonds-grandidier.mg.

Les documents les plus rares et ceux jugés primordiaux ont été numérisés et mis en ligne parmi lesquels les neuf volumes de la "Collection des ouvrages anciens concernant Madagascar" et tous les ouvrages antérieurs au 19e siècle.

Dans l'ensemble les livres sont en général en assez bon état, par contre les coupures de journaux ont tendance à s'effriter. La manipulation fréquente et notamment la photocopie, les insectes et acariens, les mauvaises conditions de stockage constituent autant de menaces. Des efforts ont donc été menés ces dernières années en vue de la conservation des documents.

La numérisation répond au souci de préserver le contenu indépendamment du support. Toutefois, il apparaît que compte tenu du volume de travail - d'après nos évaluations, environ 500 000 pages doivent être numérisées - le personnel permanent et le matériel du centre de documentation du PBZT ne suffisent pas pour assumer cette tâche dans un court délai. En effet il est prévu qu'à long terme les lecteurs n'utilisent plus que les documents numérisés; les documents originaux sur papier seront alors conservés à titre de patrimoine culturel.

En vue de la préservation de ce patrimoine, en 2005 des travaux de réhabilitation jugés prioritaires ont été réalisés: la réparation de la toiture du bâtiment financée par l'Ambassade de la République Fédérale d'Allemagne à Madagascar ; l'acquisition de rayonnages vitrés fermés pour le classement des documents écrits et des albums pour les photographies, ainsi que du matériel de sécurisation contre l'incendie et du matériel de lutte contre l'humidité ambiante financée par l'USAID.

Cependant la conservation de ce patrimoine serait vaine et inutile si elle est entreprise uniquement dans un esprit passéiste.

Les articles qui suivent illustrent l'importance de ce fonds documentaire et présentent quelques unes de ses ressources qui peuvent être exploitées en vue de la construction de l'avenir de Madagascar dans le contexte de la mondialisation.

Trois problèmes d'actualités sont évoqués: la politique culturelle de Madagascar qui a fait l'objet d'une loi organique votée à l'Assemblée Nationale dernièrement; le développement économique avec l'exploitation des ressources du pays dont les richesses minières; la durabilité du développement et la conservation de l'environnement suivant le concept Madagascar naturellement.

Ces articles ne prétendent pas résoudre les problèmes ; ils attirent l'attention sur l'existence de sources d'informations utilisables et nécessaires à la mise en œuvre de ces objectifs.



Pour citer cet article

Vololoniaina RASOAMAMPIANINA et L. Modeste Rakotondrasoa. «Introduction de l’étude bibliographique sur le fonds Grandidier». TALOHA, numéro 16-17, 2 novembre 2006, http://www.taloha.info/document.php?id=318.