Editorial

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L. Modeste Rakotondrasoa, Enseignant-chercheur, ICMAA, Musée de l’Université, lmodesterakotondrasoa@gmail.com.

Date de mise en ligne : 2 novembre 2006

Ce nouveau numéro de la revue Taloha voudrait se consacrer entièrement à une étude bibliographique spécialisée du fonds Grandidier. En effet, cette source de documentation inestimable sur Madagascar ne pourrait être décrite dans un seul numéro de revue, si épais soit-il. Cet état de fait nous oblige à faire seulement une présentation bibliographique par thème d’une partie des documents du fonds Grandidier, partie qui se trouve physiquement au centre de documentation du Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza, Antananarivo. Nous espérons que cela suffira pour inviter le lecteur à faire une navigation sur le site du fonds Grandidier (www.fonds-grandidier.mg) et à continuer les recherches documentaires qui l’intéresseraient. Par ailleurs, des résultats de recherche sont arrivés à point et ne pourraient encore  souffrir  d’attendre les prochains numéros ; ce qui nous a entraîné à les publier dans la seconde partie de ce numéro double.

Le numéro 16 nous parle ainsi du fonds Grandidier.

Les articles y afférant sont au nombre de cinq et présentent une étude bibliographique thématique de ce fonds.

Vololoniaina Rasoamampianina fait une prospection des ouvrages du fonds qui se rapportent à l’exploitation minière. La bibliographie en est riche parce que le contexte économico-politique de la constitution du fonds correspond à la période coloniale où les recherches minières ont été très intenses. Les chercheurs pourront y trouver une source inépuisable d’inspirations.

Augustin Faralahy et Fanomezantsoa Rakotobe nous présentent « les sociétés culturelles malgaches », terme du fonds Grandidier pour désigner la diversité culturelle propre à notre île. Si le premier fait surtout une étude bibliographique de ce qui concerne surtout la musique, la danse et les arts folkloriques et nous présente quelque 130 ouvrages, le second parle plutôt de la vie quotidienne, des mœurs et coutumes et n’en cite pas moins de 400 références.

Arthur Raoelison nous propose la partie purement scientifique du fonds par son étude bibliographique de la Paléontologie de Madagascar. Beaucoup d’études sur des animaux disparus sont présentées qui nous mettent en contact avec les sites archéologiques connus de Madagascar.

Le dernier article de ce numéro spécial est consacré à la présentation des ouvrages concernant une question d’actualité : l’environnement et sa conservation. Bien que le contexte ne soit plus le même, les questions n’ont pas beaucoup changé, ni les moyens. Gageons que les chercheurs qui s’occupent du M.A.P. et de « Madagascar Naturellement » trouveront dans les ouvrages présentés par Gisèle Raveloarinoro et consultables au centre de documentation du PBZT des idées novatrices essentielles.

La rédaction de Taloha se félicite de ce partenariat qui entre de plain-pied dans les orientations de la politique nationale et se tourne avec l’aide du passé plus vers le futur que vers la simple recherche historique.

Le numéro 17 de Taloha qui est couplé à  ce numéro 16 spécial sur le fonds Grandidier nous parle des résultats d’autres partenariats et recherches en coopération de l’ICMAA avec d’autres organismes. Il y a notamment une recherche en coopération entre la Vrije Universiteit Amsterdam (VUA), l’Interchurch organisation for development co-operation  (ICCO) et l’Institut de Civilisations du Musée d’Art et d’Archéologie (ICMAA) en 2004-2005. Un volet de cette coopération s’occupe de la question foncière, un problème d’actualité pour les pays en développement, pour ne pas dire pauvres, comme Madagascar. Dr Sandra J.T.M. Evers, encadrée des étudiantes Martina van den Haak, Inga Lingnau, Nandl Lokhorst et Carolien Pronk qui ont participé à la recherche développe le fond du problème dans certaines parties de Madagascar.

Puis, une innovation et non des moindres –et nous espérons qu’elle ne sera pas passagère !- a été d’introduire un article d’intérêt général dans la revue. Un article par numéro de temps en temps au fur et à mesure des actualités (malgaches) ajouterait un nouvel horizon à l’austérité scientifique.

En ce sens, Hassaine K. et Bouchikhi Tani Z., de l’université Abou-Bekr Belkaid de Tlemcen nous parle d’un problème d’actualité des agglomérations humaines : celui de l’élimination des déchets. Ils nous font une étude d’impacts en partant de l’exemple concret d’une décharge contrôlée proposée sur le site de Koudia en Algérie.

Douglas William Hume nous invite enfin à la prudence vis-à-vis des nouvelles techniques : il y a en effet une interrelation étroite entre le matériel et le spirituel. Il démontre cela en faisant une analyse des rituels entourant la riziculture. Cette culture qu’elle soit pluviale sur brûlis ou intensive dans les rizières irriguées fait appel à toute une panoplie de rituels qu’il serait malvenu d’ignorer dans la précipitation d’un progrès qui semble s’éloigner à mesure qu’on s’en approche : la raison pourrait en être donnée par cet article.

L. Modeste Rakotondrasoa.


Pour citer cet article

L. Modeste Rakotondrasoa. «Editorial». TALOHA, numéro 16-17, 2 novembre 2006, http://www.taloha.info/document.php?id=389.