TALOHA
Revue scientifique internationale des civilisations
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numéro 18

Editorial

Introduction au numéro 18



Date de publication : 25 novembre 2007

Ce numéro de Taloha veut se consacrer à la coopération établie depuis 2004 entre l’Institut de Civilisations/Musée d’Art et d’Archéologie de l’Université d’Antananarivo et le Département d’Anthropologie Sociale et Culturelle de la VU University Amsterdam, et marque l’intérêt des liens entre les universités pour dynamiser les approches méthodologiques et pour renouveler le regard porté sur des problématiques pertinentes du présent.

Cette coopération a permis à vingt six étudiantes de niveau Master provenant des deux universités de travailler ensemble, pour une durée de trois mois, sur des mêmes terrains d’enquête à Madagascar portant sur différents thèmes : accès à la terre, tourisme, environnement, pauvreté, sécurité humaine, médecine traditionnelle, migration. Chaque équipe est formée de deux étudiantes, une néerlandaise et une malgache.

En 2005, un atelier organisé à Amsterdam a réuni enseignants, étudiants, ONG néerlandaises oeuvrant à Madagascar, autour du thème « Perspectives appliquées à la pauvreté et à la gestion des ressources naturelles à Madagascar ».

En 2006, un atelier de partage d’expériences s’est tenu à Antananarivo, sur l’application de la Méthode Accélérée de Recherche Participative (MARP), entre enseignants-chercheurs, étudiants, et ONG malgaches.

 En 2007,  un colloque international sur « Madagascar contemporain et les objectifs du Millénaire pour le développement » a été organisé du 20 au 22 septembre à Antsirabe. Des chercheurs d’horizons et de disciplines divers, ainsi que des étudiants et des organismes non gouvernementaux ont participé à cette rencontre dont les actes feront l’objet de la prochaine livraison de la revue Taloha.

Pour l’année 2008, l’encadrement des étudiants provenant des deux institutions va se poursuivre.

La revue Taloha se propose d’offrir ses pages aux travaux de ces étudiants supervisés par le Dr Sandra Evers, directrice de la recherche, travaux axés sur la problématique de l’accès à la terre dans le cadre d’une situation de pauvreté.

Carolien Pronk traite de la situation délicate de la propriété foncière à Mananjary. Le cas fréquent de plusieurs personnes se déclarant propriétaires d’une même parcelle de terrain fait l’objet des témoignages recueillis. Chacun pensant être dans son bon droit, aucun ne prend la peine de s’informer des mesures prises par l’Etat pour réglementer la propriété foncière. Le statu quo social a évité jusqu’ici des litiges majeurs entre ces personnes sur cette question. Mais les récentes dispositions relatives à la réforme foncière risquent d’engendrer des discordes profondes au sein de la communauté. Haingo Rafenohanitrasoa  a contribué à la réalisation de cette tâche.

Marieke van den Heuvel soulève la question de l’exode rural à travers l’exemple des semi-migrants venus des alentours de la ville d’Antananarivo et installés dans le quartier d’Antetezanafovoany, défini comme un lieu de  « semi-passage » des migrants. Ces derniers sont en location ou en sous-location de taudis insalubres, appartenant à d’autres migrants arrivés plus tôt.  L’enquête menée auprès de cette population vise à déterminer leurs rapports avec leur lieu d’origine, la perception de leur exode ainsi que les espoirs qu’ils fondent sur leur installation à Antananarivo. Netisoa Ramiaramanana a été activement associée aux différentes étapes de la présente étude.

Danielle Müller a fait une étude comparative des vécus des communes rurales de l’ancienne province de Fianarantsoa face à l’application du Programme National Foncier (PNF). Comment réagissent les communes rurales d’Alakamisy-Ambohimaha, d’Ambila, de Mizilo et d’Ambahatrazo, devant la réglementation établie par les guichets fonciers ? Comment s’ordonnent les relations entre les villageois et l’administration de proximité dans le cadre de la nouvelle législation foncière ? Tiana Rasabohanitriniaina a participé aux travaux y afférents.

Le domaine de la question foncière est vaste et présente divers aspects complexes. L’intérêt porté par ces équipes binationales sur un sujet universellement partagé est ici présenté à travers des regards croisés mais complémentaires, qui contribuent à enrichir la recherche et à donner des pistes aux décideurs.

La revue Taloha participe ainsi à la promotion d’une coopération interuniversitaire fructueuse.

Les trois derniers articles sortent un peu de l’optique de la terre ; mais ils présentent une autre facette de la coopération : la publication des résultats de recherche.

L. Modeste Rakotondrasoa nous présente une des possibilités de formation des contes traditionnels à travers des défaillances humaines du narrateur : oubli ou ignorance de la trame du conte, inventivité, combinaison de trames proches, etc. Il le montre à partir d’un récit récolté dans une aire dialectale où il ne semble pas bien connu : c’est l’histoire de Tsimamangafalahy, Point-n’Achète-C’est-un-Mâle, conte bien connu dans l’aire masikoro, dont une version bara nous est présenté ici.

Depuis 2006 (Taloha 16), la revue a la possibilité de publier des articles d’intérêt général. Le premier était un article d’un universitaire de Tlemcen en Algérie. L’article de Mohamed Bourouaha y fait suite.

Dans la mesure où le problème des villes est d’actualité dans les pays en voie de développement comme Madagascar ou l’Algérie (d’ailleurs tous deux ex-colonies françaises), il est intéressant de connaître ce qui s’y fait dans la perspective de donner aux décideurs le plus d’informations possibles sur ce qui est en train de se passer de façon à ce qu’ils puissent prendre des mesures conséquentes.

En effet, la non prise en compte du foncier alliée à une augmentation démographique sauvage a conduit en Algérie à la prolifération de quartiers illicites dont une étude est présentée ici. Elle entre dans le cadre de l’anthropologie sociale et de la santé publique.

Enfin pour couronner ce volume et rappeler que Taloha s’occupe de tout ce qui a trait à la civilisation et à l’histoire, surtout de Madagascar, un autre éminent romancier souvent contredit, Charles Renel – dont nous avons déjà parlé dans le numéro 14-, est encore plus approfondi par Gilles Dany Randriamasitiana, professeur au département de Sociologie de l’Université d’Antananarivo. Ce dernier fait une analyse socio anthropologique des méandres sentimentaux d’un écrivain colonial qui rapporte une époque qu’il vit. Il conclut sur la discordance suivante : « cette réciprocité de l’altérité comporte une antinomie. La population locale demeure attachée à sa nature profonde, l’« anthropoïde ancestral » et le colon tiennent un discours comparatif mêlé à la fois de délectation et d’abjection. »

Vous souhaitant une bonne lecture,

P. le comité de rédaction,

L. Modeste Rakotondrasoa,

ICMAA


Pour citer cet article


«Introduction au numéro 18». TALOHA, numéro 18, 25 novembre 2007, http://www.taloha.info/document.php?id=559.




ICMAA   London School of Economics   INALCO   Université de Fianarantsoa   Université d'Antananarivo   Agence Universitaire de la Francophonie  
Revue électronique internationale publiée par l'ICMAA, en partenariat avec l'Inalco, la LSE et l'UF avec le soutien de l'AUF
ISSN 1816-9082